Contes et légendes de Sicile le 24 mars 2010
A la librairie "Raconte moi la terre" à 19h
14 rue du plat Lyon bellecour
Réservation:0478926022
A la librairie "Raconte moi la terre" à 19h
14 rue du plat Lyon bellecour
Réservation:0478926022
Au centre social de St fons
Réservation: 0478709698
A la médiathèque f. Mitterrand St Priest à 19h30
Place Charles Ottina 69800
Réservation:0478217914
Henri Gougaud présente 4 conteuses de son atelier: Venera Battiato, Chantal Constant, Bernadette Heinrich, Sharon Evans.
Restauration possible avant le spectacle, service de 19h30 à 21h, sur réservation.
Tél/rés: 06 16 23 27 40
La Planche à Pain: 48 rue du Dessous-des-Berges (à l'angle de la rue Cantagrel) Paris 13. Métro 14 - Olympiades ou Bibli. F. Mitterrand.
Festival "De Moulins en Paroles" à Nyons (Les pilles à 10 km de Nyons)
Réservation 0475263552/ 0684085169

C'est Pascaline qui l'a vue dans la région en faisant une ballade, rigolo! elle l'a prise en photo...l'affiche affichée!!

A l'occasion du Festival "le Lâcher d'Oreilles" (6-8 nov 2009), organisé par le Centre Culturel de Corbas (69-près Lyon) et l'association des Hauts-Parleurs, Venera Battiato et l'ensemble des conteurs de Rhône-Alpes ont sorti un double/CD

Durée 1 heure
Public dès 10 ans
Accompagnement musical par Marc Séchaud
Ce spectacle est proposé en deux versions, française et italienne.
Il a représenté la France à Cervia (près de Bologne) au Festival Internazionale dei Burratini e delle Figure "Arrivano Dal Mare" en décembre 2010.

Les légendes populaires les plus répandues de Palerma à Syracuse où l'on rencontre entre autres un certain Cola, mi-homme mi-poisson... Où le pauvre Don Giuvanni Misiranti devient Seigneur des fèves et des pois, par magie, et où Giuffà, malgré sa niaiserie, n'est pas le plus sot...
La conteuse d'origine sicilienne appartient à ce peuple dont les passions sont vives et en incarne tout le caractère insulaire. Des mots de sa langue maternelle viennent parfois colorer "u cuntu". Elle passe naturellement du français à l'italien et au sicilien.
Durée 50 minutes
Public dès 7 ans
Intervention dans le cadre du festival "Lâcher d'oreilles", à 17h, au centre culturel le Polaris à Corbas(69 près de Lyon)

Des histoires légères, déroutantes, qui font rire, réfléchir et disent la vérité en face.
Durée 20 minutes
Public à partir de 7 ans

Pendant que la conteuse pétrit le pain, des histoires prennent vie. La parole s'entrelace à l'acte, au geste de pétrir. Et le pain lève...
Durée 1 heure
Public dès 7 ans

Il se passe de drôles de choses...
Un petit homme vert se tient là, parfois, sur le mur de pierres ...
et bien non, il a disparu...
et cet autre vêtu à l'antique, d'où vient-il et qui est-il?
Loup, diable, ange ou démon ?
Histoires curieuses,
histoire de frémir, que diable !
A la lisière du réel, au détour d'un chemin, une étrange rencontre...
Ce choix de contes sur le thème de l'étrange nous transporte dans d'autres mondes,
nous fait frissonner avec délice et dominer nos peurs.
Durée 50 minutes
Ce spectacle s'adresse à tout public.

« Avec pudeur, audace et malice, vous avez su pincer les cordes du coeur »
« La précision du texte, le naturel de l'interprétation nous entraîne dans ce monde simple où l'on se sent bien. »
« Une heure de rire, de joie, d'émotion et surtout une sincérité étonnante. Bravo ! »
« Bravissimo ! Plein de sensibilité, de joie de vivre, super ! Merci pour ce moment de bonheur. Chacun y retrouve l'image et le charme de ses propres racines. »
« C'est doux, c'est chaud, ça éveille la curiosité et donne envie de soleil ».

« Merci pour ce spectacle à la fois tendre et joyeux. La meilleure façon de se souvenir, c'est de partager les moments forts de sa vie avec les autres ».

« Jocouff »
Fille d’immigré italien, Venera Battiato trace le portrait de la vie dans l’Italie de son enfance et l’arrivée en gare de Metz au beau milieu de la neige. Sans aucun misérabilisme et, au contraire, avec un émerveillement permanent, elle relate l’arrivée de sa famille en Lorraine après un long voyage en train. Ils s’installeront à Jœuf. Pour des immigrés italiens, le nom est étrange et sa graphie incompréhensible. Les voilà qui confondent ce drôle d’e qui se mélange à l’o. Ils habitent donc Jocuf, qu’ils prononcent Jocouff.

Sur place, ce ne sera pas facile. Une institutrice s’en prend à la petite Venera, qui s’imagine passer le bac et aller à l’université. Elle lui fait savoir avec rudesse qu’elle n’y arrivera pas. Alors la gamine décide d’affronter l’enseignante et, un matin, refuse de faire le signe de croix. La maîtresse insiste, la gamine tient bon. Scandale, punition. Plus tard, Venera ira effectivement à l’université et sera fière d’inviter son père à l’opéra sur la place Stanislas, à Nancy, pour y entendre Rigoletto. Ce sera une soirée homérique. Le père se lève pour chanter, pour encourager les acteurs, pour manifester son soutien. Sa fille essaye de le faire taire, rien à faire.
Les vacances voient toute la famille retourner en Sicile et revenir les valises pleines des provisions du pays, l’huile d’olive, la charcuterie, le fromage. Ils rentrent avec des bouts de Sicile dans le cœur et retrouvent leur vie française. Comme le dit elle-même la conteuse : cette histoire était inscrite dans chaque recoin de mes mémoires, je lui ai juste ouvert la porte.
La longue pratique de la danse et du mime qu’a Venera Battiato ne passe pas inaperçue. Il s’agit bien d’une conteuse, comme le confirme l’adresse directe quasi permanente qu’elle utilise en direction du public, mais d’une conteuse qui bouge, qui montre, qui esquisse d’un geste un sentiment ou un paysage. Ce qui pourrait être une surcharge devient ici une qualité. Il me semble qu’il pourrait même y avoir encore plus d’expression plastique dans tout ça. Venera chante également en italien et fait ainsi profiter l’auditoire de la beauté des sonorités de la langue de nos voisins transalpins. En un mot, Venera Battiato livre, avec une grande honnêteté, une part nostalgique et tendre de ses souvenirs.
Gille Crépin
www.lestroiscoups.com

Un berceau balance, c’est ma mère qui l’actionne avec une ficelle attachée à son pied, pendant qu’elle coud. C’est moi qui suis dedans.
Dans l’alignement de la rue, au fond, l’Etna, au sommet encore blanchi par les neiges de printemps. De l’autre coté, la mer.
Trois ans là-bas, bambina, j’en garde les odeurs, le timbre de la langue sicilienne.
Puis la Lorraine, mon père à l’usine.
Il raconte la Sicile et le soir pour m’endormir des contes, tout en sicilien.
En me faisant don de la danse, la déesse Terpsichore m’a en même temps apporté la joie de vivre.
Pendant longtemps, c’est la danse qui me passionne et emplit toute ma vie.
Puis l’enseignement, les lettres, l’écriture…
et ma rencontre avec Henri Gougaud qui a été déterminante. Et le conte revient avec ardeur des profondeurs de mes racines …
Sur une trame qui évoque le souvenir d’anecdotes personnelles de la conteuse, narratrice, d’évocations sensitives ou bien épiques (le départ), de nombreuses figures théâtrales viennent ponctuer le récit. Toutes les figures sont réunies en la personne d’Alfio qui est en fait le médiateur, le transmetteur de cette réalité passée de la Sicile.
La conteuse fascinée par ce père qui a forgé pour elle tout un univers, cherche à reproduire, recréer cette magie qu’il lui a transmise. La Sicile est presque toujours vue des yeux du père ou de la petite fille. C’est donc un univers réinventé et déformé, comme les contes, du fait de cette transmission de bouche à oreille qui déforme la réalité.
La culture en Sicile se transmet par l’oral, les discussions sur la place et les spectacles.Le rapport à l'écriture n'est pas celui de la France de l'époque. Derrière ce spectacle, c'est sans doute, la nostalgie des conteurs maîtres de la parole directe qui est évoquée. Il y a donc les expressions populaires du spectacle en Sicile: l'orateur communiste, le canta storie, les marrionnettes et aussi l'opéra et le désir d'Alfio d'accéder à la culture bourgeoise, aristocratique: Dante, Léopardi et l'opéra. Mais cette culture là est surtout écrite. L'opéra est entre les deux. En Italie, avec Verdi, l'opéra a trouvé une force politique réformatrice, le compositeur a su garder un caractère qui parle au peuple.
La scène c'est le lieu de l'extériorité, naturelle chez « le père », mais c'est aussi le lieu du prestige. C'est aussi une force politique. Finalement, la question de la lutte des classes est plus fortement exprimée dans le passage de l'opéra sur la place Stanislas que dans les grèves ouvrières. Il y a donc d'un côté le spectacle fascinant et heureux de la vie sicilienne et un autre spectacle qui est directement vécu en France par la conteuse, c'est celui de la lutte de classe.De classe de cours avec l'institutrice qui devient une actrice au service de l'endoctrinement patronal et aussi, les grèves. La maison de prusse, n'est-elle pas une loge où le spectacle est le plus visible?
La conteuse endosse plusieurs rôles, celui de la médiatrice, elle rejoue son père et le fait revivre, l'immortalise à sa manière, puisqu'elle perpétue la parole. Elle est aussi spectatrice, chroniqueuse de la vie entre la Sicile et la Lorraine.